3. DIAGNOSTIC: trouvons une solution à ce casse-tête

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3. DIAGNOSTIC: trouvons une solution à ce casse-tête


Article rédigé par:

Jesús Salinas, Nieves Ortega, María Rosa Caro
Département de la santé animale, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Murcia. 30100 Murcia, Espagne.


Comme c'est le cas avec toutes les maladies abortives infectieuses, un diagnostic précoce est essentiel pour instaurer des mesures d’hygiène et sanitaires et les traitements nécessaires pour limiter les conséquences cliniques et économiques de l’infection sur le troupeau affecté.


En outre, cela permettra d’instaurer des méthodes prophylactiques ou vaccinales appropriées pour éviter une augmentation du nombre d’avortements au cours des années suivantes.


Diagramme illustrant les principales méthodes utilisées dans le diagnostic biologique de l’AEO

Figure 2: Diagramme illustrant les principales méthodes utilisées dans le diagnostic biologique de la chlamydiose en fonction des échantillons recueillis après une épidémie d’avortements.

 

Cependant, étant donné que les signes cliniques et épidémiologiques ne sont pas spécifiques, dans la majorité des cas, il est essentiel de recourir à un diagnostic biologique pour confirmer les cas d’avortement dus aux Chlamydia (Figure 2).
 

Signes cliniques et données épidémiologiques


Les signes cliniques qui indiquent qu’un troupeau est affecté par la chlamydiose ne sont pas suffisamment clairs pour parvenir à un diagnostic certain de la maladie.


Il existe d’autres maladies abortives chez les petits ruminants qui peuvent présenter des symptômes similaires, tels que la fièvre Q, la brucellose, l’avortement dû à une salmonellose ou la toxoplasmose, et c’est la raison pour laquelle la seule façon d’émettre un diagnostic sûr est la confirmation par une analyse biologique.
 

Diagnostic biologique: le seul moyen de confirmation


Les raisons mentionnées ci-dessus rendent nécessaire d’effectuer un diagnostic biologique, qui peut être direct sur les produits de l’avortement, ou indirect sur des échantillons de sérum.


1. Choix des échantillons


Pour réaliser un diagnostic direct, l’échantillon de choix est le placenta.


animaux récemment avortés - diagnostic indirect

Échantillons sanguins provenant d’animaux récemment avortés pour le diagnostic indirect

 

Plusieurs cotylédons doivent être prélevés et placés dans des poches en plastique stériles ou fixés au formol, en fonction des analyses demandées (bactériologiques, moléculaires ou immunocytochimiques).
 

Le placenta est l’échantillon idéal pour les techniques de diagnostic direct


Si le placenta n’est pas disponible, des échantillons prélevés sur le fœtus (rate, foie, contenu de la caillette ou des poumons) peuvent être analysés, même si dans ces cas, il est utile d’avoir recours au prélèvement par écouvillons vaginaux après un avortement, car l’excrétion de l’agent pathogène dans les sécrétions est très élevée pendant plusieurs jours ou semaines.

 

écouvillons vaginaux

Diagnostic direct: écouvillons vaginaux prélevés au cours de la première semaine après un avortement

 


Par ailleurs, le diagnostic indirect est réalisé sur des échantillons de sérum.

Dans ce cas, il est conseillé de prélever au moins 10 échantillons chez différents animaux ayant avorté au sein du même troupeau. Étant donné que le taux d’anticorps peut diminuer rapidement, les échantillons doivent être prélevés dans les 8 semaines après le pic d’avortements maximal dans le troupeau.
 

Les échantillons sériques doivent être prélevés chez les animaux dans les 8 semaines suivant l’avortement


En cas d’analyse sur des sérums individuels, provenant d’animaux ayant avorté, il faut prélever deux échantillons de sang dans un délai de 15 à 20 jours (sérums appariés), afin de vérifier l’apparition d’une séroconversion.
 

2. Diagnostic direct


Il s’agit d’un ensemble de techniques destinées à détecter l’agent infectieux dans les échantillons pathologiques, incluant les méthodes suivantes:

Diagnostic direct d’AEO. Chlamydia abortus

Figure 3: Diagnostic direct chlamydiose. Détection de C. abortus par : A. Coloration de Stamp. B. Coloration de May-Grünwald-Giemsa. C. Immunohistochimie sur une coupe histologique D. Immunofluorescence.

 

  • Examen bactérioscopique : il s’agit d’une analyse qui permet de mettre en évidence C. abortus dans des laboratoires non spécialisés. Ces analyses comprennent les colorations différentielles traditionnelles, telles que la coloration de Stamp (Figure 3A) ou la coloration de May-Grünwald-Giemsa (Figure 3B), ou plus récemment, les techniques d’immunofluorescence directe (Figure 3D) ou immunoenzymatiques (Figure 3C) pour la détection des antigènes, qui sont plus spécifiques et plus sensibles si des anticorps monoclonaux sont utilisés. Ces techniques sont réalisées sur des échantillons de cotylédons ou des écouvillons vaginaux, et sont moins sensibles lorsqu’elles sont réalisées sur des organes du fœtus. Les échantillons de cotylédons peuvent également être fixés au formol et inclus en paraffine pour la réalisation des techniques immunocytochimiques sur des coupes histologiques.

 

  • Culture: étant donné le caractère intracellulaire obligatoire du micro-organisme, l’utilisation de cellules vivantes est nécessaire pour sa culture. La première méthode utilisée pour cultiver des chlamydia, l’utilisation des sacs vitellins d’embryons de poulets, continue d’être utilisée en routine dans de nombreux laboratoires. Cependant, le développement de méthodes de culture sur des lignées cellulaires s’est orienté résolument vers les œufs embryonnés. Les lignées cellulaires sensibles les plus utilisées sont les cellules McCoy, Vero, HeLa 229 ou les cellules L fibroblastiques.

 

  • Techniques moléculaires: les possibilités de détection rapide et précise des chlamydia sur des échantillons cliniques se sont grandement améliorées depuis l’introduction de méthodes moléculaires, en particulier les techniques d’amplification génique (PCR), qui peuvent être réalisées sur les mêmes échantillons, frais et congelés, ou même sur des échantillons fixés au formol. Contrairement à la technique PCR conventionnelle, la PCR en temps réel permet la quantification de la quantité de chlamydia présente dans l’échantillon.

 

Par conséquent, la PCR est une technique directe rapide et précise

 


3. Diagnostic indirect ou sérologique


Le diagnostic sérologique de la chlamydiose est complexe à cause de nombreux facteurs, mais en particulier en raison de la nature latente de l’infection, qui signifie que la séroconversion n’a pas lieu avant l’avortement.


En outre, les ruminants sont également souvent infectés par Chlamydia pecorum, de manière subclinique dans de nombreux cas, mais induisant la production d’une quantité d’anticorps faible mais détectable.


Pour ces raisons, ce diagnostic sérologique doit impérativement être un diagnostic de groupe ou effectué sur le troupeau.


On considère que le troupeau est affecté par une infection latente (ou qu’il est récemment vacciné) lorsque des taux d’anticorps égaux ou légèrement supérieurs au seuil de positivité des techniques utilisées sont observés, en considérant qu’un troupeau est supposé exempt de toute infection lorsque les résultats de tous les sérums analysés sont inférieurs au seuil établi.


Les méthodes les plus utilisées sont les suivantes:
 

  • Test de fixation du complément (TFC) : pendant plus de 50 ans, le TFC a été la technique la plus utilisée pour le diagnostic sérologique de la chlamydiose, et il est également recommandé par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Cependant, le TFC manque de spécificité car l’antigène utilisé se compose principalement d’un lipopolysaccharide (LPS), qui est commun à toutes les espèces de la famille des Chlamydiaceae, produisant une réaction croisée avec les anticorps dirigés contre C. pecorum une bactérie fréquente.

 

  • Techniques immuno-enzymatiques de type ELISA: cette technique est la plus utilisée à l’heure actuelle. Il est essentiel d’utiliser des kits commerciaux qui utilisent des antigènes recombinants spécifiques de C. abortus apparentés au test ELISA à base de la protéine POMP 80-90 kDa, en excluant ceux qui utilisent des corps élémentaires complets ou des LPS, car ils peuvent donner lieu à des réactions croisées avec les réponses induites par C. pecorum.
     

La technique indirecte de choix est la méthode ELISA

 

Contrôle et prévention


Il existe trois types de mesures dans la prévention et le contrôle de la chlamydiose:

  • Des mesures générales liées à la prise en charge, similaires à celles adoptées en cas de tout processus abortif.
     
  • Le traitement par des antibiotiques, tels que les tétracyclines, après une épidémie d’avortements.
     
  • La prophylaxie vaccinale, avec deux types de vaccins disponibles à l’heure actuelle ; des vaccins vivants atténués et des vaccins inactivés.

 

 

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RÉFÉRENCES: 
 

En raison de la vaste bibliographie utilisée dans le cadre de la rédaction de cet article, les références n’ont pas été incluses dans le texte. Si le lecteur souhaite obtenir de plus amples informations sur tout aspect de cette monographie, il convient d’adresser toutes les questions aux auteurs en envoyant un courriel à l’adresse suivante: jsalinas@um.es

 


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